Mark COLLINS assurera la 5° séance du séminaire « Pasifika : des îles dans la mondialisation »

JEUDI 19 MARS 2026 à 18h00
salle 304 de l’Institut de Géographie et en visio

 

« Soigner ou détruire » : tensions entre conservation et exploitation du vivant sur l’île de Lavongai (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

 

Sur l’île de Lavongai, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, on observe depuis quelques décennies l’arrivée de plus en plus prégnante de conceptions mondialisées concernant la « bonne gestion » des espèces et des espaces littoraux. En 2025, une « aire marine protégée » (MPA en anglais) a ainsi été créée dans les eaux qui entourent l’ensemble de l’île suite à un travail de longue haleine entrepris par une ONG internationale. Ce dispositif impose notamment des restrictions sur les espèces qui peuvent être prélevées (protection totale des requins, raies, tortues marines, entre autres), sur les agrès, et sur les horaires de pêche. Cette approche se heurte néanmoins à des difficultés considérables en matière d’applicabilité, puisqu’il n’existe pas de ressources ni de personnel pour contrôler leur effectivité. Elle vient également se confronter à des aspirations locales en matière de « développement ». Celles-ci sont largement influencées par l’exposition croissante aux médias numériques, qui, bien qu’inaccessibles sur l’île faute de télécommunications, peuvent être consultés en ville, à Kavieng, à environ deux heures de bateau. Cette intervention au sein du séminaire Pasifika, sera donc consacrée à l’exploration des multiples déterminants et effets de cette inscription croissante d’un territoire marginalisé tel que Lavongai dans une mondialisation des attentes en matière de conservation de la biodiversité, face à l’aspiration des populations locales à un mode de vie qu’elles qualifient de plus « développé ».

 
Proposition de lecture préalable

Collins, Mark. 2021. « “Les gros poissons se cachent”. Frictions entre conceptions du vivant marin sur l’île de Lavongai (Papouasie-Nouvelle-Guinée) ». Journal de la Société des Océanistes 153 (décembre) : 337‑52. https://doi.org/10.4000/jso.13344.