Atlas dessiné et photographique du PCI de Provence littorale et méso-littorale

Logo du label Géoparc socle de Provence

Dans le cadre de la candidature des Départements du Var et des Alpes Maritimes au Projet de création d’un Géoparc à l’Unesco (« Géoparc Socle de Provence ») nous réalisons un Atlas du Patrimoine matériel (canne de Provence, castanéiculture, liège, …) et immatériel (rites, costumes, danses, savoirs, …) de Sanary dans le Var à Vallauris dans les Alpes Maritimes.

 

Hélichryse aux "Oursinières" ou "Curry provençal" @F. Joulian 2026
Hélichryse aux "Oursinières" ou "Curry provençal" @F. Joulian 2026
Cuisiné le barracuda à la levantine par S. Viale (@F. Joulian 2026)
Cuisiné le barracuda à la levantine par S. Viale (@F. Joulian 2026)

L’Unesco désigne « Le patrimoine culturel immatériel comme les pratiques, les connaissances et les expressions que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur identité culturelle, ainsi que les objets et les espaces qui y sont associés. Transmis de génération en génération, ce patrimoine s’adapte au fil du temps, renforçant l’identité et le respect de la diversité culturelle ». https://www.unesco.org/fr/intangible-cultural-heritage

 

Ces patrimoines sont regroupés selon les 5 axes ci-dessous que nous inventorions et analysons en lien avec le projet de Géoparc.

  1. Traditions et expressions orales – y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel.
  2. Arts du spectacle – comme la musique, la danse et le théâtre traditionnel
  3. Pratiques sociales – rituels et évènements festifs
  4. Connaissances et pratiques – concernant la nature de l’univers
  5. Savoirs faire – liés à l’artisanat traditionnel

Pour ce faire nous partons des travaux déjà réalisés par différents chercheurs, organismes ou associations ; mais, dans bien des cas, les informations sont absentes ou n’ont pas encore été recueillies, ou sont en train de disparaître à grande vitesse au profit de pratiques globalisées.

 

Avec le Département du Var nous désirons donc lancer cette enquête « grand public » afin de développer un projet ouvert et collectif et toucher le plus de monde possible à propos des savoirs traditionnels locaux (ethno-botaniques et ethno-zoologiques) liés à la Nature et ses usages. Ils peuvent être forestiers dans les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, ou maritimes pour les communes littorales.

 

Ce dispositif d’enquête est quasi inédit dans le domaine de la recherche est nous sommes très enthousiastes à le tenter et l’expérimenter avec les professionnels des médias.

 

Je rappelle s’il le fallait que nous observons en ce moment une « digitalisation du Monde », une mise en images complète des savoirs (une mise en tutos par exemple) qui banalise les savoir et traditions et nous éloigne des processus concrets, ceux que l’on apprend en direct avec les mains et la parole et surtout avec de vraies personnes. L’idée est de résister à notre petite mesure à cette vague numérique et décrire ces connaissances situées, pour la plupart issues de longues histoires familiales ou villageoises.

 

Des questions simples telles :

  • « Quelles plantes cueillez-vous pour la cuisine, les soins, les parfums, les digestifs ? …
  • Quelles sont vos recettes ? Vos façons de faire ?
  • Aimez-vous les rastègues ? les asperges ? la cousteline et les oiseaux qui vont avec ? les arbouses ?
  • Comment les préparez-vous et à quelles occasions ? »
  • Avec les plantes et les animaux de nos criques et collines, venez nous raconter comment vous faites vivre et perdurer les gestes culinaires ou de soin de vos familles ».

 

Ces questions et d’autres serviront d’amorces à dialoguer avec toutes les personnes intéressées à faire perdurer les façons locales et emblématiques de faire la cuisine des Maures, de l’Estérel et du Tanneron.

Ajoutons également que nous sommes autant intéressés par les « gaubis » des unes et des autres, par les expressions orales et les gestes que par les ingrédients mêmes. Même s’ils sont fugaces, ne laissent parfois pas de traces, les gestes sont les éléments centraux de la culture, et ont besoin d’être enregistrés, sauvegardés et partagés autant que les objets ou les paroles.

Voici un lien pour déposer vos témoignages que nous lirons avec attention et curiosité et surtout avec le soutien de deux grands chefs de la région, Gui Gedda et André del Monte.

En octobre prochain nous ferons un point presse à propos des réponses recueillies et au printemps prochain nous inviterons les contributeurs à partager un évènement culinaire à l’occasion de la sortie de l’Atlas et de l’exposition associée à la Maison départementale de la Nature, ici même.

 

Frédéric Joulian est anthropologue, spécialiste de l’évolution humaine et des « cultures matérielles » qu’il étudie depuis plus 40 ans en Afrique, au Japon et en France.

 

L’enquête participative proposée ici avec les media est une première dans le domaine de l’anthropologie.

Sacrifice et dédicace à la divinité Aristée @F. Joulian 2022
Sacrifice et dédicace à la divinité Aristée @F. Joulian 2022
Ste Maxime, E. Brossolo, objets pour voeux pour le nouveau-né (@F. Joulian 2026)
Ste Maxime, E. Brossolo, objets pour voeux pour le nouveau-né (@F. Joulian 2026)
Faouque et picoussin (Collection G. Martinerie ; @F. Joulian 2025)
Faouque et picoussin (Collection G. Martinerie ; @F. Joulian 2025)
Ethnomusée de Salagon, cultures de l'olivier (@F. Joulian 2024)
Ethnomusée de Salagon, cultures de l'olivier (@F. Joulian 2024)