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Journée organisée par les enseignantes de géographie du master MEEF HistoireGéographie : Gabrielle Brochard (enseignante à l’université et dans le secondaire) et Clara Lyonnais Voutaz (ATER en géographie, UPPA) (programme d’Investissements d’avenir, ‘ANR-21-EXES-0002’),
Melissa Kodituwakku interviendra à 14h « Oubli et réveil culturel au Henua Enata (îles Marquises) »
Au Henua Enana (Îles Marquises), le contact avec les Occidentaux à la fin du XVIIIe siècle provoque une chute démographique d’au moins 95 % de la population qui s’accompagne, comme dans beaucoup de territoires colonisés, d’une perte importante de la transmission d’éléments culturels, renforcée par les tabous et interdits imposés par les missionnaires et l’administration. Mais dans les années 1960, les processus de décolonisation en Océanie vont placer les questions d’affirmations culturelles au cœur des enjeux politiques contemporains. Dans ce contexte apparaissent des formes de manifestations culturelles et identitaires dans le Pacifique qualifiées par les chercheurs de « renouveaux culturels », dont la forme la plus répandue est celle des « festivals culturels indigènes ». Longtemps négligés par les anthropologues, car considérés comme « nonauthentiques », ces festivals vont susciter un intérêt scientifique croissant dans les années 1990. Au cours de cette présentation, je propose d’étudier la manière dont s’est mis en place le festival du Matava’a o te Henua Enana, lancé en 1987 au Henua Enata (Îles Marquises). Ayant lieu tous les deux ans, il est devenu l’événement central du « réveil culturel marquisien », rassemblant la population autour d’éléments unificateurs tels que la langue, la danse, le chant, l’artisanat, les rites ancestraux, dans une volonté de « sauvegarde d’une culture en voie d’effacement ». En m’intéressant notamment aux réseaux d’acteur·ices qui participent à cet évènement, je propose de porter un nouveau regard sur l’étude des festivals, en cherchant à saisir comment les réalités sociales se construisent à travers ces manifestations, et à interroger la manière dont les relations qu’entretiennent les différents acteur·ices autour de cet événement participent à recréer des manières de faire société dans un contexte colonial.